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Organisme des Bassins Versants de la Haute-Côte-Nord / Québec / 2024
Évaluation du recrutement du saumon atlantique préalablement à la restauration de processus fluviaux
Comme de nombreuses rivières, la rivière Escoumins dans la région de la Haute-Côte-Nord du Québec était utilisée par l’industrie forestière locale pour le flottage des billes de bois en aval. La rivière est tortueuse, ce qui ralentissait le processus. Alors à certains endroits, un bulldozer a été utilisé pour redresser ce cours d’eau. Ces travaux ont permis d’accélérer le débit de la rivière, mais ils ont entraîné des conséquences non voulues.
« Lorsque le débit est plus rapide, il emporte des sédiments en aval, explique Bruno Proulx, directeur d’Organisme des Bassins Versants de la Haute-Côte-Nord (OBVHCN). Lorsqu’il y a moins d’érosion sur le côté de la rivière pendant ce type de mouvement, une quantité moindre de nouveaux sédiments pénètre dans la rivière. Nous savons que le saumon a besoin de pierres de grosseur moyenne pour y placer ses œufs, mais parce que certaines sections de la rivière ont été redressées, les roches sont devenues trop grosses sur le lit de la rivière. C’est bon pour les jeunes saumons, mais pas pour les œufs ou le frai. Nous croyons que ce processus a modifié l’habitat dans la rivière il y a environ 100 ans et le saumon a de la difficulté à y déposer ses œufs dans la section principale de la rivière. »
La réglementation québécoise moderne précise que lorsque l’activité industrielle semble avoir un impact négatif sur l’habitat animal – comme le projet du lac Bloom entrepris par la Québec Iron Ore – cet impact doit être compensé par des efforts de restauration de l’habitat. Les efforts de compensation de la Quebec Iron Ore auront un effet positif sur la rivière Escoumins en rétablissant le débit naturel de la rivière à ce qu’il était avant qu’on le modifie pour soutenir les activités forestières. Toutefois, ce type de projet ne peut pas être entrepris sans une préparation importante, et depuis plusieurs années, l’OBVHCN effectue des évaluations pour guider cet effort.
« Nous voulons avoir une vue de la rivière et savoir où sont les jeunes saumons, mentionne M. Proulx. Quels aliments sont disponibles pour les alevins et les juvéniles dans la rivière avant le lancement de ces projets? Au Canada, il n’existe pas beaucoup de projets de restauration des rivières à saumon. Habituellement, on construit une passe pour donner accès à une plus grande section de la rivière, mais on ne rétablit pas le processus fluvial naturel. »
En septembre, l’organisme entreprendra des efforts d’électro-pêche pour évaluer les populations dans la rivière, ainsi que des évaluations de la qualité des habitats du saumon. Les efforts réels de restauration fluviale commenceront idéalement dans deux ans. Pour cette année du projet d’évaluation, l’OBVHCN a reçu environ 38 000 $ de la Fondation pour la conservation du saumon atlantique (FCSA).
« La FCSA est un bon partenaire, souligne M. Proulx. Nous avons entrepris de nombreux projets dans la rivière qui n’auraient pas été possibles sans le soutien de la Fondation. Ces projets nous ont permis d’acquérir une vaste expérience et nous pouvons maintenant compter sur une solide équipe pour exécuter les travaux. »